Aller au contenu
coeur-pride

Sexe et genre : votre identité en question

Dans une société qui a l’habitude de la binarité, se sentir homme ou femme ne va pourtant pas forcément de soi. Que signifie l’appartenance à un sexe ? Qu’est-ce que le genre ? L’orientation sexuelle ? Ces notions définissent-elles notre identité ?

balls/ma-vie-sociale/ma-vie-sociale-identite.svg

Les points à retenir

  • L’orientation sexuelle, c’est le désir (sexuel ou affectif) envers une personne selon son sexe et son genre.
  • L’identité de genre peut correspondre ou non au sexe qui nous a été assigné à la naissance.

Genre ou sexe ? Les mots pour vous définir

Un corps se définit par un ensemble de caractéristiques biologiques (organes génitaux, hormones, chromosomes…). En fonction de ces caractéristiques, un genre (homme ou femme) vous est assigné à la naissance.

La façon dont chacun se perçoit (identité de genre) correspond ou non à cette assignation. Votre identité de genre peut correspondre ou non au sexe qui vous a désigné à la naissance.

Choisir qui vous êtes : les différentes identités de genre

Quand l’identité de genre correspond au sexe qui a été assigné à la naissance, on parle d’homme ou de femme « cisgenre » (ou « cis »), un terme de plus en plus souvent utilisé, notamment par opposition au mot « transgenre » (ou « trans »).

Si une identité de genre diffère du sexe qui a été assigné à la naissance, on parle de « transidentité ». Certaines personnes se définissent comme « homme trans » ou « femme trans », par exemple.

Si des caractéristiques biologiques, et notamment les organes génitaux, ne permettent pas une définition claire d’un sexe, on parle de « personne intersexe ». C’est une situation plus courante qu’on le pense, et qui est parfois confondue avec l’hermaphrodisme (c’est-à-dire le fait d’avoir à la fois des organes sexuels fonctionnels féminins et masculins).

Enfin, il est possible de ne pas se reconnaître dans le genre ni masculin ni féminin, de s'identifier au genre masculin à certains moments et au genre féminin à d’autres, parfois aux deux en même temps, ou à un genre tout à fait différent. On parle alors de genre « non binaire » ou de « fluidité de genre » (« genderfluid » en anglais).

Bon à savoir

Votre orientation sexuelle ne dépend pas de votre genre !

Qu'est-ce que l'orientation sexuelle ?

L’orientation sexuelle, c’est le désir (sexuel ou affectif) envers une personne selon son sexe et son genre. Trois dimensions indépendantes cohabitent dans la notion d’orientation sexuelle : 

  • l’attirance : vous êtes libre d’être attiré par les hommes et/ou les femmes et de changer d’orientation sexuelle au cours de votre vie.
  • l’auto-définition : vous êtes libre de vous définir comme vous le souhaitez. Vous êtes également libre de ne pas vous définir par rapport à votre orientation sexuelle. Vous pouvez être attiré par des personnes du même sexe mais ne pas vous définir comme homosexuel.
  • les pratiques : vous êtes libre de vos pratiques sexuelles. Vous pouvez être attiré par quelqu’un ou par une pratique mais ne pas concrétiser ce désir par des rapports sexuels.

Différentes orientations sexuelles existent, parmi lesquelles, entre autres : 

  • l’homosexualité : personne dont l’attirance sentimentale et physique est dirigée vers le même sexe/genre que le sien ;
  • la bisexualité : personne dont l’attirance sentimentale et physique est à la fois dirigée vers les sexes/genres masculins et féminins ;
  • la pansexualité : personne dont l’attirance sentimentale et physique est dirigée vers tous les sexes/genres ;
  • l’hétérosexualité : personne dont l’attirance sentimentale et physique est dirigée vers un sexe/genre différent du sien ;
  • l’asexualité : personne qui ne ressent aucune attirance physique pour une autre personne ni n’exprime aucun intérêt pour le sexe.

« Être normal » n'existe pas

Il existe de multiples formes de sexualités plus rares et moins visibles que l’hétérosexualité. Elles ne sont ni des troubles, ni des maladies, ni même des anomalies.

Ces multiples formes de sexualité, comme l’homosexualité ou la bisexualité, par exemple, sont légales, tout comme l’est l’hétérosexualité.

L’hétérosexualité est l’orientation majoritaire dans la société occidentale, dans le sens où elle est la plus répandue. Mais chacun est totalement libre d’avoir une orientation différente. Il n’y a pas d’orientation supérieure aux autres.

Ressentir du désir pour une personne du même sexe/genre que le sien peut néanmoins conduire à se poser la question : « Suis-je normal ? ». Se demander si on est « normal », culpabiliser ou vouloir changer… Tout cela traverse légitimement l’esprit de nombreuses personnes qui ne se reconnaissent pas dans l’hétérosexualité. Ces idées sont même parfois envahissantes, voire très dures à supporter, notamment quand on ressent de l’hostilité de la part de certains (qu’ils fassent ou non partie de son entourage).

Dans tous ces cas, soyez rassurés : le problème ne vient pas de vous. Mais si ces situations vous pèsent ou deviennent difficiles à gérer, vous pouvez vous rapprocher d’une association LGBT ou d’un groupe de parole, où vous trouverez un espace où vous exprimer sans jugement et en toute sécurité. Si vous vous sentez anxieux ou déprimé, n’hésitez pas à consulter.

Y a-t-il une cause aux différentes sexualités ?

On ne connaît pas la cause de l’orientation sexuelle. Quels facteurs déterminent une orientation plutôt qu’une autre ? Pourquoi est-on homosexuel, bisexuel ou hétérosexuel ?

Si beaucoup de théories cherchent à donner des réponses, aucune explication scientifique n’a jamais été trouvée.

Biologie ? Génétique ? Culture ? Éducation ? Libre arbitre ? Peut-être que tout cela entre en compte dans l’homosexualité… Mais aucune explication n’est reconnue scientifiquement.

Gardez en tête que l’homosexualité n’est ni une maladie ni un trouble mental. Ainsi, elle ne se soigne pas et ne se guérit pas, tout simplement parce qu’il n’y a rien à guérir ou à soigner.

L’homosexualité doit pouvoir être vécue sans honte ni restriction.

L’homophobie est illégale et punie par la loi.

 

Tentatives de conversion : attention, danger !

Malheureusement, il existe ce que l’on appelle des « thérapies de conversion » (ou « thérapies de réorientation sexuelle »), qui non seulement ne servent à rien, mais peuvent se révéler dangereuses. Elles tentent de faire croire qu’une conversion de l’homosexualité en hétérosexualité peut être possible grâce, par exemple, à la pratique du jeûne, des prières, de l’exorcisme, voire des électrochocs… Ce sont des pratiques extrêmement dangereuses, tant au niveau psychique que physique. En France, elles sont interdites depuis début 2022 (voir ci-dessous). 

L’homosexualité et la bisexualité ne sont ni des troubles, ni des maladies, ni même des anomalies. Ce sont simplement des formes de sexualité moins visibles que l’hétérosexualité.

Bon à savoir

L’Assemblée nationale a voté une loi qui interdit définitivement les thérapies de conversion, le 25 janvier 2022. Le texte stipule que « les pratiques, les comportements, ou les propos répétés visant à modifier ou à réprimer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre, vraie ou supposée, d'une personne et ayant pour effet une altération physique de sa santé physique ou mentale » peuvent être punies de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. 

Le délit créé par cette loi est aggravé (3 ans de prison et 45 000 euros d'amende) lorsque la victime est mineure ou que l'initiateur a autorité sur la personne. 


Si besoin, une association comme SOS homophobie peut vous offrir un soutien juridique.

Mal-être, déprime et dépréciation de soi

Le rejet et l’agressivité à l’encontre d’une personne non hétérosexuelle ont des conséquences sur sa santé : mal-être, dépression, dépréciation de soi fragilisent son existence…

Les risques de suicide chez les personnes homosexuelles, par exemple, sont beaucoup plus élevés que dans la population générale.

Si vous êtes victime d’homophobie ou de discrimination liée à votre orientation sexuelle, des associations comme SOS homophobie, Le Refuge ou des associations en région comme Couleurs Gaies peuvent vous aider et vous accompagner pour aller porter plainte au commissariat.

Si vous êtes victime d’homophobie ou de discrimination liée à votre orientation sexuelle, des associations peuvent vous aider. Pour en trouver une près de chez vous, consultez le site de la Fédération LGBTI+.